Les enfants de là-bas


Imaginez des flots sauvages,
Des tas de rafiots à peine capables,
De supporter leur équipage
Cherchant asile et paix durable.
Les enfants de là-bas fuient la nuit,
Peur d'être pris, en flagrant délit.

En toile de fond, dernier voyage,
C'était écrit au bas de la page.
Et si il le faut, c'est à la nage
Qu'ils atteindront le beau rivage.
Les enfants de là-bas paient comptant,
Trop souvent même, au prix du sang.

Leurs libertés trop bafouées,
Leur dignité décapitée.
Les enfants de là-bas, trop tôt brimés,
Veulent simplement vivre, en toute quiétude,
Avoir le droit de dire, sans servitude,
Comme vous et moi, nés à 9 mois.

Des terres noires aux terres d'Asie
Même ton, même trajédie :
Les différences s'accrochent aux grilles.
Mal acceptés, d'une autre ethnie.
Les enfants de là-bas n'ont plus le droit,
Que d'avoir faim, d'avoir froid ... dans ces camps-là.

D'un coup de dé, tout s'est joué.
Dès la naissance : étiqueté.
C'est sans détour que je condamne
Cet univers de sang, de larmes.
Ici ou là, rien que les armes
Pour taire les chants, briser des âmes ...


© Dominique LARUELLE
(Publiée à la Sabam le 10/02/1991)


 
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